sexta-feira, 12 de novembro de 2010

O Poema da sexta-feira


Barbara

Rappelle-toi Barbara
Il pleuvait sans cesse sur Brest ce jour-là
Et tu marchais souriante
Épanouie ravie ruisselante
Sous la pluie
Rappelle-toi Barbara
Il pleuvait sans cesse sur Brest
Et je t'ai croisée rue de Siam
Tu souriais
Et moi je souriais de même
Rappelle-toi Barbara
Toi que je ne connaissais pas
Toi qui ne me connaissais pas
Rappelle-toi
Rappelle-toi quand même ce jour-là
N'oublie pas
Un homme sous un porche s'abritait
Et il a crié ton nom
Barbara
Et tu as couru vers lui sous la pluie
Ruisselante ravie épanouie
Et tu t'es jetée dans ses bras
Rappelles-toi cela Barbara
Et ne m'en veux pas si je te tutoie
Je dis tu à tous ceux que j'aime
Même si je ne les ai vus qu'une seule fois
Je dis tu à tous ceux qui s'aiment
Même si je ne les connais pas
Rappelle-toi Barbara
N'oublie pas
Cette pluie sage et heureuse
Sur ton visage heureux
Sur cette ville heureuse
Cette pluie sur la mer
Sur l'arsenal
Sur le bateau d'Ouessant
Oh Barbara
Quelle connerie la guerre
Qu'es-tu devenue maintenant
Sous cette pluie de fer
De feu d'acier de sang
Et celui qui te serrait dans ses bras
Amoureusement
Est-il mort disparu ou bien encore vivant
Oh Barbara
Il pleut sans cesse sur Brest
Comme il pleuvait avant
Mais ce n'est plus pareil et tout est abîmé
C'est une pluie de deuil terrible et désolée
Ce n'est même plus l'orage
De fer d'acier de sang
Tout simplement des nuages
Qui crèvent comme des chiens
Des chiens qui disparaissent
Au fil de l'eau sur Brest
Et vont pourrir au loin
Au loin très loin de Brest
Dont il ne reste rien

Jacques PRÉVERT, Paroles ©1972 Editions Gallimard

........

Eu gosto muito deste poema, eu me lembro que ele fazia parte de um dos métodos de francês pelo qual eu passei. Eu gostei dele desde a primeira leitura, não sabia nada de Brest na época, o poema me deixava curiosa. A cidade foi bombardeada e praticamente arrasada durante a segunda guerra, o que importa no poema é a cidade em si, a Barbara é um pretexto para a homenagem a Brest, ou talvez não seja só um pretexto, pode ser uma das tantas garotas que se despediam do namorado.
É possível escutar o poema aqui.
...
Gosto tanto que estou postando de novo.

7 comentários:

Diz disse...

Tb não conhecia brest, fui ver, é na Bretanha.
Belo poema, e sabe que eu entendi? uauuuuuuuu
tive que consultar umas palavrinhas, mas entendi. :)
bjs querida, Laura

Diz disse...

Como vc traduz:
'Qui crèvent comme des chiens
Des chiens qui disparaissent'?
bj
merci
laura

Polly disse...

assim não vale, rs...eu não sei francês:( rs...bjs

Anônimo disse...

Às vezes uma obra de arte transcende a nossa compreensão, mas nos agrada ou nos causa impacto mesmo assim. Um quadro de um pintor russo, do Século XIX, deixa-nos melancólicos, o nome do quadro diz muito pouco para os que não sabem que se trata do nome de uma pequenina estação de trem que levava os degregados para a Sibéria.
Manoel Carlos

Lucila disse...

Fiz o mesmo curso de francês, e fiquei com versos do poema por mais de vinte anos. Hoje, joguei no Google e achei seu site. Belo presente, obrigada. Lucila (lucilatbarros@gmail.com)

Dalva disse...

Maravilhoso encontrar esse belíssimo poema. Que saudade de meu curso de Francês

Dani disse...

ADOREI!!! =) Beijão!!!